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Warpaint – Les filles s’en vont en guerre

Sur le front à la population sans cesse renouvelée des groupes de pop rock indé branchés du moment, les filles tiennent une place de choix, en première ligne au champ d’honneur, les guitares et autres instruments fièrement levés, prêts à en découdre. Ce ne sont pas des exemples comme Au revoir Simone, CSS ou autre Zola Jesus qui vont nous dire le contraire.

Mais Warpaint n’est pas n’importe quel combat. Celui-là fleure bon le Far West d’un rêve californien, celui de quatre américaines portées par Los Angeles dans une alchimie musicale aérienne à la fois rock, vocale et mélancolique. Un groupe féminin sans être trop ostentivement féministe, un groupe classe mais sexy, aux inspirations à la fois folk et new-wave qui taquinent même parfois allègrement le psychédélisme à la Pink Floyd.

Peut-être que finalement, brûler ses soutiens-gorges comme en 1968 serait aujourd’hui inutile voire même carrément old-school, et que le must du moment serait de s’en aller courir dans les hautes plaines sans oublier son maquillage, y avoir un rêve initiatique ou deux, puis s’en revenir des lignes de guitare plein la tête, fonder son propre all-girls rock band.

Retour du concert de Holy Fuck à la Flèche d’Or – Un trip chamanique geek, électronique et survolté

Petit flash back sur le concert de lundi soir donné par les Holy Fuck à la Flèche d’or, concert auquel nous vous avions invité à nous rejoindre il y a quelques temps. Holy Fuck sont-ils de vrais geeks de musique ? Question subsidiaire : font-ils de bons concerts ? Et au delà de tout ça, et puisque le nom du groupe annonce la couleur – rouge grivois -, sont-ils un bon coup ? Oui, re oui, et toujours oui, encore que sur ce dernier point la rédactrice ne soit pas allée vérifier pour vous. Le détail et bien plus encore dans les lignes qui suivent.

Holy Fuck se tape l'affiche

Holy Fuck se tape l'affiche en rouge communiste sous influence lolcatz

Geeks ? On pouvait supposer que les canadiens de Holy Fuck l’étaient un petit peu à la base, en tout cas suffisamment pour nous pondre une promo à base de chatons mignons, clip et affiche sous influence lolcatz palpable.
Dans le feu de l’action du live, les musiciens et leur folle machinerie scénique sont en effet de vrais geeks de musique. Dès les premières notes jouées,   qui furent en réalité un fondu entre la fin des balances et le début du premier titre, des sons synthétiques et percussifs de source pas toujours très bien identifiée fusent déjà dans tous les sens, à en étourdir un public venu s’en prendre plein les oreilles – et qui ne va pas être déçu.
Derrière ce déluge sonore, une profusion d’instruments : pelle-mêle synthétiseurs, contrôleurs midi, processeurs d’effets, mais aussi un vieux lecteur à bandes magnétiques (!) utilisé en scratching pour des nappes noisy du meilleur effet. A l’occasion, de “vrais” instruments viennent néanmoins s’ajouter, exotiques comme par exemple le mélodica ou plus classiquement une guitare électrique – parce que tout de même.

Sa maman ne lui a jamais dit que c'était vulgaire d'engloutir un micro dans sa bouche ? - Crédits photos achab@Flickr (Point Éphémère 2009)

Geek, donc, assurément, pour la débauche de matériel et de fils électriques sur scène. Mais geek surtout pour le côté béotien, profane, voire même profondément païen qu’a leur musique : à peine une parole, tout juste quelques cris ou ululements passés à la moulinette d’un filtre de reverb’. Pas l’ombre d’un MacBookPro sur scène : la section rythmique est ici assurée par un batteur et par un bassiste – infatigables l’un comme l’autre – menant le jeu à un train d’enfer. Formation hybride, les canadiens réinventent comme au premier jour une electronica tribale et décomplexée. Dans un monde où les boucles et le sampling n’auraient pas valeur de paradigme en matière production musicale en studio mais aussi et surtout en live, on ferait de l’electronica comme on fait du rock. Holy Fuck serait du coup peut-être bien être à l’electro ce que le steampunk est à la la fiction : un anachronisme salutaire.

Sur scène, les Holy Fuck remuent beaucoup et font montre de leur capacité d’improvisation folle sans jamais se départir de leur bel enthousiasme : ils ne sont pas uniquement là pour faire leur boulot, mais surtout pour prendre leur pied à jouer. On voit les musiciens endurer un show très physique, de la sueur en veux-tu en voilà, dans un état à la limite de la transe. Le groupe a en effet un sacré mojo et dégage sur scène une énergie presque sexuelle. Le bassiste en particulier semble bien s’éclater, à en voir sa tête extatique tandis qu’il sautille en tripatouillant le long manche de son instrument.  “It’s like a first date for us. We’re intimated, ‘cause we wanna fuck you”, voilà ce qui est dit avec humour lors de l’une des rares pauses. L’intitulé du groupe, tout autant prétentieux qu’il puisse paraître en VO (Peu ou prou « La baise sacrée »… tout un programme vous l’admettrez) est ainsi, et contre toute attente, gage de belles performances – en tout cas de sacrées performances scéniques ! Et le public de crier, et d’en redemander encore.


L’expérience dure, 1h ou peut-être 1h30, suffisamment en tout cas. Le groupe exsangue achève son set sur un Stilettos possédé en diable avant de se retirer.
On les sait cependant trop enthousiastes pour ne pas revenir, et ils se laissent au final peu longtemps désirer.  C’est le temps des rappels : deux, peut-être trois titres, pour un final sur Lovely Allen, splendide.

Holy Fuck sont peut-être des sacrés branleurs, mais ils savent conquérir un auditoire. A bout de souffle, on ressort alors béat, un peu sonné, comme si l’on avait traversé quelques murs du son, passé quelques heures avec un amant très doué, ou tout du moins passé un excellent concert porté par des artistes communiquants et passionnés.

Holy Fuck ou les effrontés tapageurs, en concert à la Flèche d’Or le 22 novembre

WTF, ou What The Fuck en VO dans le texte (Quoi, mais êtes vous un vrai geek ou ne l’êtes vous pas ?). Holy Fuck , c’est donc tout d’abord une charmante interjection anglophone à base de Putain / bordel (ou autre combinaison approchante) dans sa version francisée. “Holy Fuck  mais que ce son est bon !”, ce fut également ma première pensée à l’écoute de certains titres des titres de ce groupe de post-rock canadien, groupe par ailleurs assez rare en France qu’on aura pourtant la chance de pouvoir voir le Lundi 22 Novembre à la Flèche d’Or. A Geekdemusique.com, en tout cas, on y sera.

Ceci est bien un chat communiste, non vous ne rêvez pas

Dignes petits frères des Fuck Buttons ou autres Animal Collective, les Holy Fuck assument une musique plus carrée que leur prédescesseurs, avec plus d’influences kraut rock et un peu moins de nappes drones expérimentales. Ce parti pris peut expliquer en partie le résultat final : Imaginez une Electronica brute de décoffrage qui se serait prise des batteries rock obstinées sous forme de décharge électrique en voulant faire joujou les mains dans la prise. Dit comme ça, c’est conceptuel je vous l’accorde, et c’est pour ça qu’une écoute vaudra tous les blablas du monde : rythmé, tapageur et explosif à l’image de Stilettos (titre proposé à l’écoute), de sa section basse/rythmique obstinée comme un danseur de claquettes sous Red Bull et de son développement noisy qui monte progressivement en intensité avant de s’achever dans un véritable déluge sonique. Un titre qui dégage une énergie folle et qui mobilise l’envie de bouger ses pieds, sa tête et pour finir de sauter partout.

Si comme moi vous aimez beaucoup Holy Fuck, ouvrez grands les oreilles (enfin, les yeux) : fait assez rare pour être signalé, les canadiens débarquent en France le Lundi 22 Novembre à la Flèche d’Or, avec des places pas trop chères à 10€ (plus frais de loc’). Or un bon groupe, une bonne salle, des tarifs abordables je vous le donne en mille, ça fait un évènement GeekDeMusique. Donc si ça vous botte, réservez votre place (Digitick) et rejoignez-nous là bas (évènement Facebook), car c’est un concert qui devrait envoyer du gros son !