Je m’en vais aujourd’hui vous suggérer de prendre le temps d’écouter la musique d’une jeune harpiste adepte de ce qu’on appelle la weird ou psyché folk. Il ne s’agit pas de l’Américaine Joanna Newsom, mais d’une Anglaise, née la même année que Joanna (1982), et au nom tout aussi original, j’ai nommé Serafina Steer.
Comme beaucoup, j’ai été initiée à la musique de Serafina via le titre Tiger de son album Cheap Demo Bad Science. Ne me demandez pas pourquoi, mais, à la première écoute de cette chanson, j’imaginais une Serafina à la chevelure longue, noire et bouclée, portant une robe victorienne blanche, en train de courir dans la forêt pour échapper à des loups-garous. Encore aujourd’hui, c’est parfois l’image qui me revient quand je l’écoute, même si je sais maintenant que son allure est tout autre. C’est que son écriture pousse à l’imagination délirante, à la rêverie transcendante.
La voir sur scène peut être en ce sens une expérience extra-ordinaire, j’ai donc très hâte d’être au 27 mars, Serafina jouera probablement son nouvel album, Change Is Good, Change Is Good, dans le cadre de la nouvelle édition du FestivalLes Femmes s’en Mêlent!.
A écouter Sarah Jaffe, on a l’impression que toute la misère du monde s’est abattue sur la jeune Texane. Les histoires qu’elle raconte, elle les a vécues, c’est certain. A la regarder sur scène, on a l’impression qu’elle pourrait éclater en sanglots à tout moment. Oui, elle est à la limite de la retenue Sarah. On a envie de la réconforter et de lui dire que tout ira bien. Mais nous écoutera t-elle ? Elle ne nous regarde pas en tout cas. Et jamais un regard vide ne m’aura transmis autant d’émotions. Elle ouvre à peine la bouche quand elle chante Sarah. Mais le son qui en sort et la simplicité de ses paroles me donnent plus de frissons que n’importe quelle envolée lyrique. Sarah, quand je l’écoute dans un bus, j’ai l’impression d’être dans un film qui retrace ma vie au ralenti.
Bonus Pré St-Valentin : Daytrotter nous offre 4 titres sur leur site, Clementine, Vulnerable et Two Intangibles Can’t Be Had de son premier album Suburban Nature et un nouvel EP, A Sucker for your Marketing.
La mort de Phil Lynott en 1986 restera pour tous les connaisseurs l’une des plus grandes pertes du heavy metal. Le géant afro-irlandais, bassiste/chanteur de son état, était certainement l’un des auteurs-compositeurs les plus doués et les plus raffinés de sa génération. Avec son groupe, Thin Lizzy, il a apporté moultes pierres fondatrices à l’édifice encore jeune du heavy metal dans les années 1970. Alors que les formations britanniques font la course à la vitesse et à l’agressivité, les Irlandais de Thin Lizzy seront les premiers à oser le mélange du hard rock et du funk (même si Deep Purple faisait également des expériences similaires à la même époque) et surtout à réinterprêter le répertoire folk irlandais, donnant lieu à des classiques tels que « Whiskey In The Jar » (repris par Metallica) et « Black Rose » … Poésie réaliste et émotion à fleur de peau transpirent au travers du répertoire de Thin Lizzy.
Au détour de chansons plus agressives (« Jailbreak », « Cold Sweat »), il fait bon, lorsque l’on se replonge avec délice dans la carrière du groupe irlandais, de ressortir l’une de ces chansons d’amour savoureuses et émouvantes que savait pondre l’ami Lynott. Pour vous : « Baby Please Don’t Go » !
Si vous voyez par hasard sur Internet ou dans le metro des affiches pour un concert de Thin Lizzy, ne vous questionnez pas : ils n’ont pas ressucité Phil Lynott, ils ont juste reformé le groupe en 2004 avec quelques musiciens d’origine pour faire des tournées-hommages. L’intention est louable, après le résultat scénique n’est pas forcément toujours intéressant. À bientôt pour une autre chronique retro !
Beach House est un duo surprenant. En seulement quatre ans et 3 albums, ils sont parvenus à devenir un groupe incontournable de la scène indépendante. Originaire de Baltimore, cette formation franco-américaine est souvent citée dans les 10 meilleurs albums de 2010.
Le nom de leur dernier effort, « Teen Dream », détaille parfaitement le son cotonneux et rêveur d’un groupe qui se veut hors du temps. Des rythmes lents, des échos chaleureux, on peut sentir à chaque instant l’instrumentalisation millimétrée de cet album concept. « Zebra », la première chanson de l’album, est une superbe ouverture. La voix et la guitare se suivent pour finir dans une parfaite orchestration du refrain. « Walk in the park » met en valeur le timbre exceptionnel de cette chanteuse qui rappelle parfois celle de Katie Sketch, la vocaliste de The Organ. Ce n’est pas pour rien d’ailleurs que l’orgue se fait entendre sur la majorité des chansons. L’album se tient très bien dans son ensemble avec peu de chansons médiocres. La perle de ces dix titres se nomme « Real Love ». C’est une ballade sentimentale au piano littéralement transpercée par la voix de Victoria Legrand. Un chef d’œuvre
James Blake au Off Centre Festival, Photo de Rene Passet (http://www.flickr.com/photos/passetti/)
Avec un pseudo comme le mien, ce n’était qu’une question de temps avant que je ne suggère une reprise. Originellement écrite et chantée par la canadienne Feist, The Limit to Your Love est ici totalement réinterprétée par le jeune anglais. D’une chanson légère et entraînante, teintée de mélancolie, on passe à un morceau triste pour ne pas dire déprimant, le dubstep y ajoutant un effet inquiétant.
Ne me demandez pas quelle version je préfère, tout dépend de mon humeur et du moment. Celle de Feist un samedi matin de printemps, celle de James un dimanche soir hivernal. C’est donc la voix de James Blake qui me hante dernièrement, et que je vous suggère d’écouter avec un casque audio pour un effet optimal.
Je ne sais vraiment pas faire autrement… Je procrastine. Alors je me retrouve à écrire un article pour vous plutôt que de finir ce truc que je dois faire. Les mots refusent obstinément de remplir mon autre feuille. Ici, ils débordent. Promis, je vais démarrer juste après avoir partagé cette chanson. Je pense que j’aurai fini juste à temps.
Gael et la bande originale proposent des morceaux aux styles très différents, nous offrent ici un partie des bonnes mais surtout des mauvaises raisons de repousser à plus tard ce qui est urgent. La musique est très rythmée avec un accompagnement à l’accordéon, flûte, guitare folk, contrebasse, c’est un recoin de métro dans une bouteille. C’est un peu un … Bénabar manouche.
Si vous êtes sur Paris et que vous êtes de mauvaise humeur, vraiment je ne vous comprend pas ! Il fait beau, le ciel est bleu, un peu plus et j’oublierai que nous ne sommes pas sur la Côte d’Azur ! C’est le moment idéal d’aller faire une promenade sur les bords de seine alors que le soleil est à son couchant. Pour votre balade, Hard Times, originalement publié dans l’album Old Socks, New Shoes… New Socks, Old Shoes en 1970 par les Jazz Crusaders est la parfaite bande originale.
Si vous avez la chance d’avoir un abonnement deezer, je vous conseille de lancer une smart radio sur Crusaders ! Pour ma part, j’ai le plaisir de posséder un de leur disque en vinyle. Je me régale. J’espère que vous en profiterez autant.
Pour ceux que les applaudissements ne dérangent pas, je vous suggère d’écouter aussi la version live de 1974.
Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.
Prenez votre casque audio, lancez la chanson avec un volume bien supérieur à la moyenne et fermez les yeux. Tututut, j’ai dit, fermez les yeux.
de David Drandrako, Beacon Theater, New York, 11/2010
Oui, vous venez bien de passer 5 minutes 26 dans le paradis d’une planète qui n’existe pas encore. Vous êtes passé à côté et ne comprenez pas pourquoi j’ai choisi un extrait du nouvel album controversé de Sufjan Stevens comme premier post sur Geek de Musique? Remontez encore le son d’un cran et recommencez l’expérience jusqu’à ce que vous compreniez. L’album demande en effet une période d’ajustement, en particulier pour les fans habitués au son du banjo et à la poésie lyrique – quasi religieuse – qui ont fait connaître l’artiste. Une fois les oreilles ajustées, c’est du côté des albums de la décennie que l’on peut ranger – à mes yeux – The Age of Adz.